C'est mon corps, guide pratique de la santé féminine by Martin Winckler

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FEMPO a rencontré l’écrivain Martin Winckler pour la sortie cet automne de son dernier livre, C’est mon corps ! Dans cet article, il répond à nos questions sur son livre et son parcours de défenseur de la santé des femmes 💪

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Médecin généraliste dans un centre de planification et d’IVG pendant 25 ans, Martin Winckler a consacré sa vie à la santé des femmes. En parallèle de ses activités de médecin, il a écrit de nombreux livres sur le système médical français, et tient depuis 17 ans un blog très complet sur la santé féminine (Winckler’s Webzine).


Dans C’est mon corps, Martin Winckler répond à toutes les questions que l’on se pose sur notre santé, de la puberté à la ménopause. Il aborde tous les sujets, de la contraception à la santé mentale, en passant par les règles, le désir ou non de maternité, les vaccins, les relations aux médecins. Les explications sont détaillées et claires, accompagnées de conseils, pour comprendre ce qu’il se passe dans notre corps et savoir réagir lorsqu’il y a une incompréhension face aux professionnels de santé. Ce livre s’adresse à toutes les femmes, et à celles et ceux qui les accompagnent et les soignent.


Vous êtes écrivain, mais avant tout, vous avez été médecin généraliste dans un centre de planification et d’IVG pendant 25 ans. Quels liens faites-vous entre le soin et l’écriture ? Et entre vos différentes œuvres : romans, essais, guides pratiques ?

 

J’écrivais bien avant d’être médecin. C’était ma manière de ne pas rester dans le silence (pour tout un tas de raisons liées à l’histoire familiale). Je « digérais » le monde via l’écriture. J’ai continué à le faire toute ma vie. Quand j’ai commencé à faire mes études de médecine, l’écriture a été un soutien puis un moyen d’échanger des idées, puis de les faire passer : j’ai été rédacteur puis rédac-chef-adjoint à la revue Prescrire juste après m’être installé, de 1983 à 1989. Pendant ces années, j’ai écrit des textes scientifiques ET des textes sur mon activité professionnelle, transposée sous forme de fiction par respect pour les personnes que je soignais et qui se confiaient à moi. De sorte que tout ça est lié. 

Aujourd’hui, l’écriture est plus que jamais un outil de partage : d’informations, de valeurs et d’idées, d’histoires – toutes nourries par mon activité de médecin et en particulier en santé des femmes. 

Je pense que l’une des formes élémentaires du soin, c’est d’informer, de rassurer, de donner des outils aux personnes qui souffrent, afin qu’elles soient équipées, armées. Quand on sait, on comprend. Quand on comprend on a moins peur. Quand on n’a plus peur, on souffre moins. J’écris des livres pour transmettre du savoir, et donc contribuer à ce qu’on souffre moins.
Les différents livres répondent à des besoins distincts – transmettre un regard critique (« Les Brutes en Blanc »), des valeurs et des sentiments (« Le Chœur des femmes », du savoir (« C’est mon corps ») mais tous mes livres contiennent tout ça en proportions variées…  


L’objectif principal de FEMPO est de changer le game dans la vie des femmes, de les aider à se réapproprier leur corps, leur biologie. C’est aussi ce que vous faites avec C’est mon corps, votre guide pratique de la santé des femmes, sorti à l’automne. Qu’est-ce qui, dans votre parcours, vous a mené à cet objectif ?

 

Le travail parmi les femmes. Je n’avais pas autant de préjugés sexistes que mes camarades, je pense, et j’avais à cœur de lutter contre toutes les inégalités. Les inégalités liées au genre sont les plus criantes, et je pouvais faire quelque chose (pratiquer des IVG, prescrire des contraceptions aux femmes en leur donnant les éléments pour qu’elles fassent leurs choix) alors c’est là que j’ai travaillé. 


Pourquoi l’idée de ce livre ?

 

C’est la continuation d’autres entreprises : des livres (Contraceptions mode d’emploi, 2001-2007, Choisir sa contraception, 2007, Tout ce que vous vouliez savoir sur les règles, 2007, Le Chœur des femmes 2009, L’Ecole des soignantes 2019) et bien sûr le site internet martinwinckler.com et le blog « L’Ecole des soignant.e.s ». J’avais donné une conférence sur les idées reçues en santé des femmes en 2016, et je voulais en faire un livre.

Toujours dans le même but : informer, dédramatiser, démystifier, combattre les idées reçues et donner aux femmes des outils qui leur permettent de prendre des décisions éclairées, et non de se faire imposer des voies par les médecins. 

 

Vous commencez votre livre en expliquant ce qu’est la charge physiologique des femmes. De quoi s’agit-il ?

 

C’est l’ensemble des contraintes inhérentes à la physiologie de la reproduction et de la grossesse. Les hommes n’ont pas de contraintes physiologiques en ce domaine : ils produisent des spermatozoïdes qu’ils éliminent par éjaculation. Donc, uniquement avec du plaisir. 

La physiologie féminine est constellée de phénomènes cycliques : ovulation, règles, qui s’accompagnent de symptômes plus ou moins pénibles (syndrome prémenstruel, douleurs des règles, douleurs liées à une endométriose) et qui font l’objet d’une surveillance sociale et médicale visant à les « normaliser » (ou à les contrôler) ; la grossesse est elle aussi accompagnée de phénomènes plus ou moins intenses : crainte d’être enceinte ou de ne pas pouvoir l’être, avortements spontanés ou provoqués, grossesses + ou – difficiles, mort in utero, accouchements prématurés, travail + ou – difficile, suites d’accouchement, allaitement (ou non), tranchées, retour de couche, risque d’être enceinte à nouveau, à quoi il faut ajouter le risque de mourir de sa grossesse (supérieur à celui de mourir d’une contraception), les contraintes liées aux inégalités socio-économiques entre hommes et femmes et entre femmes de milieux différents, et tout cela potentiellement répété de nombreuses fois jusqu’à la ménopause, elle-même source de troubles plus ou moins importants. 

Ajoutez à cela les obstacles économiques, sociaux, relationnels qui se dressent devant chaque femme, depuis le coût de la menstruation jusqu’à celui (physique et économique) d’une FIV… 

Bref, entre la vie d’une femme et la vie d’un homme, simplement sur le plan physiologique, y a pas photo. L’une est plus complexe que l’autre. 


Selon vous, qu’est-ce qui pose problème dans les relations entre médecins et patientes, et que faudrait-il améliorer ?

 

Les médecins (comme toutes les professionnelles de santé) devraient être au service de la population. Or, être médecin confère un statut qui les fait apparaître comme « supérieurs » aux personnes qui demandent des soins. Le différentiel de statut peut parfois créer une sorte de mépris, qui peut mener à une maltraitance dans certains cas.

Comme 70 % des personnes qui demandent des soins sont des femmes, elles sont en première ligne de ces maltraitances – insultes sexistes, jugements de valeur, menaces, chantage, intimidation, etc. 

Par conséquent, dans de très nombreux cas, les femmes qui demandent des soins ne sont pas soignées mais maltraitées. 

  

Vous affirmez que la santé a besoin de justice, d’équité, de solidarité. Qu’est-ce qui vous a mené à cette position ? 

L’observation de ce qui se passait autour de moi, et l’écoute des témoignages des personnes qui venaient me voir. Je ne leur demandais rien mais quand je me comportais (à mon avis) « normalement » en ayant une attitude bienveillante et soignante, bien entendu elles me racontaient ce que, dans leur expérience, elles avaient ressenti comme des maltraitances. 

Et je les ai crues. Parce que je pense qu’on ne peut pas soigner les personnes sans les croire… 


Pourriez-vous nous donner 5 conseils fondamentaux à retenir de votre livre ?

 

1° Une femme est une citoyenne, c’est à elle de décider de sa vie, dans tous les domaines, à commencer par la santé. 

Il n’y a pas de « norme » ; la norme, c’est vous. Ce que vous ressentez a plus de valeur que ce que le médecin pense ou croit. 

3° Un bon soignant ne vous juge pas mais vous donne les moyens et les informations qui vous permettent de faire VOS choix de vie

Aucun professionnel de santé ne peut vous contraindre à quoi que ce soit : qu’il s’agisse de vous toucher, de vous prescrire des médicaments ou des examens complémentaires, ON DOIT TOUJOURS OBTENIR VOTRE CONSENTEMENT – et c’est au médecin de justifier sa proposition d’examen ou de traitement, et non à vous de justifier votre accord ou votre refus. 

Les messages sanitaires culpabilisants, humiliants ou qui font peur sont nuls et non avenus. 


Chez FEMPO, on développe des valeurs comme le dépassement et l’affirmation de soi, avec pour objectif de révéler la force présente en chacune de nous. Ainsi on emploie souvent le terme de “warrior” pour désigner les personnes qui incarnent et partagent ces valeurs. A travers votre engagement pour la santé et le bien-être des femmes, quel type de warrior êtes-vous ?


Un soignant indépendant, solidaire de toutes les personnes, et des femmes en particulier… 

 

Mille mercis à Martin Winckler pour ce livre si complet, qui répond à toutes les questions qu’on pourrait se poser sur la santé féminine !

N’hésitez pas à le lire et à le feuilleter à nouveau dès que vous avez des questions sur le fonctionnement de votre corps et votre santé ! 🤓

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